Au commencement, dans ce monde, il y avait plein de petits êtres en formation qui vaquaient de-ci de-là à leurs occupations respectives et dignes de respect ... et puis en l'an de grâce 1971, l'un de ces petits bonshommes qui était alors au collège Saint Marc à Brest, se mit à jouer de la guitare et à chanter les chansons des Beatles (autre groupe qui avait commencé sa carrière en 1962 et qui eut plus de succès que celui qui nous intéresse dans ce propos), ce personnage était Jean-Luc Alemany qui s'appelait lui-même Ynamela, mais que tout le monde appelait Al. Ce chant fut remarqué par un autre petit beau gnome de sa classe, Jean-Luc Guyomarc'h, qui ne le lâcha plus d'une semelle jusqu'à ce qu'ils rencontrèrent un troisième larron, Francis Larvor, avec lequel ils formèrent un trio de potaches, joyeux et pétulant
Ils se baptisèrent ALLAGU (dans le désordre alphabétique) et se lancèrent dans la création artistique et, notament, dans le cinéma super 8, créant un seul et unique film : "La mort Blanche". Toutefois, ce fut la musique qui trouva grâce à leurs yeux et, considérant que, puisque les Beatles précédemment cités, venaient de se séparer, la place était bonne à prendre ... ils se lancèrent alors dans la carrière musicale ; puis de fil en aiguille un quatrième puis un cinquième, puis toute une ribambelle de personnages tout aussi pittoresques (dont voici le détail de l'histoire ci-dessous) ... vinrent à eux, pour former cet énigmatique groupe de Pop-Rock au nom, si étrange : SEPULTURE !
L'achat de guitares électriques vint apporter aux jeunes musiciens débutants l'ivresse du Rock. Ils se lancèrent dans la quête du GROS SON, mais ... ils n'avaient pas assez d'argent pour l'avoir ! ils durent patienter encore quelque temps et apprendre à jouer de leurs instruments de pacotille. Avoir une "gratte", un ampli ou tout autre machine à son breveté était un critère de sélection suffisant dans un groupe de rock et ... ils s'en contentèrent. Ce fut "Le premier groupe", mais, a-t'il eu seulement un nom ?
Composition : Alemany (guitare, chant), Guyomarc'h (Batterie), Larvor (basse), Semadeni (guitare) (sur la photo à Plouguerneau chez Semadeni) Répertoire : Beatles, Stones, CCR, Presley, Berry ...et déjà une première composition d'Alemany au nom étrange de "Sépulture". Or, de nouvelles influences musicales venaient de pénétrer le Rock qui prit alors le surnom de POP Music. Pink Floyd engendrait justement l'ère des claviers qui allaient petit à petit envahir ce monde jusque là réservé aux guitares !
Entre-temps, les petits musiciens en herbe avaient senti le vent tourner et exauçant leurs prières du soir,un pianiste, Jean-Louis Nouvel, leur était tombé du ciel, pianiste qui devint organiste pour faire plus Pop et qui se mit aussitôt au travail pour leur grand plaisir . Les français se mettaient alors à faire de la Pop française et les anglo-saxons toujours en avance continuaient à faire de la Pop en anglais . Ils mirent à leur répertoire, Pink Floyd dans ces morceaux les plus planants mais aussi le groupe ANGE qui leur montra le bon exemple : oser chanter ou même parler français (Quel audace!). Les morceaux deviennent plus nombreux on peut maintenant se consacrer exclusivement à la mise en place de compositions personnelles. Premier local de répétition : l'aumonerie du Lycée/Collège StMarc, une simple baraque américaine en bois, vestige de la dernière guerre (Brest fut détruite par les bombardements anglo-américains), elle se révéla vite inadaptée aux décibels, dommage ! l'ambiance y était ... religieuse (sur la photo, au manoir de Tibidi, L'aumonier est dans le cercle, reconnaissable à sa coupe de cheveux , c'est le seul qui bombe le torse !...) * Grâce à la magie d'internet et à la personne qui a pris cette photographie, le nom de notre patient aumonier ne restera pas dans l'oubli (je confesse cette perte de mémoire alarmante). Il s'agissait de L'Abbé Lebec, Dieu l'ait en sa Sainte garde.
Deuxième local et territoire attitré : La MJC de Pen Ar Créac'h, du béton, un sous-sol aveugle, sans âme, mais ... une salle résistante aux bombes sonores que le groupe fabriquait en secret en prévision de futures grandes offensives : les concerts en public.
Le départ d'un créateur, co-fondateur du groupe ! Enfer et stupéfaction !!!! Al a décidé de quitter le groupe après ce fameux concert du 1 février 1974 ... Sale coup ! Il faut continuer, nous avons encore le feu sacré. Urgence ! il faut un guitariste et un chanteur ! Pour la guitare Jean-Luc Guyomarc'h qui grattait quelques accords en cachette se porte candidat et est accepté . Ceci a pour effet de déplacer le problème car il manque désormais un batteur ... C'est Bernard Gramoullé qui obtient la place après une audition de quelques drummers locaux, vite on se replonge dans les répétitions, malgré un handicap d'importance, nous n'avons pas de chanteur ... Qu'importe nous axerons tout sur l'instrumentation, privilégierons les solistes tout en conservant les poèmes et certains vocaux assurés avec courage par Jean-Louis Nouvel . Nous sommes solicités 9 mois plus tard d'accoucher d'un autre concert au même endroit, gonflés à bloc, nous allions montrer au monde ébahi, le résultat de notre travail et l'évolution de SEPULTURE N°2.
Sur cette photo en exrérieur, en répétition face à l'Océan Atlantique à Trézien, Rucumunoc. (Nous avions heureusement, de temps en temps, quelques bouffées d'air pur pour dissoudre les "fumées" de notre cave de répé bétonnée brestoise) .
Le dernier concert à Pen Ar Créach, la fin de l'aventure ! Oui ! pourquoi ?
Réponse : Notre Jean-Louis, NOTRE organiste unique préféré, fut débauché par un autre groupe brestois qui n'en avait d'ailleurs nullement besoin, mais qui, tout auréolé de sa gloire, su séduire de son chant de sirène notre jeune mousaillon. La gloire ne fut pas au rendez-vous,pour le transfuge, mais ce départ déplorable, cumulé à celui d'Al, tout aussi déploré, fit que 2 piliers sur 5 cédant, l'édifice s'écroula ... tout naturellement. La vie est si cruelle pour les petits groupes qui ne peuvent pas devenir grands. Et pourtant ... QUELLE AVENTURE !
Je vais laisser Jean-Louis lui-même, en parler, et citer le commentaire qu'il nous laissa, alors, sur you Tube, lors de la publication du "remake" de notre morceau phare "La Bourrée du Fantôme", message posté quelques mois avant sa mort en février 2018.
Je cite :
"Doux jésus, que de souvenirs, c'est la bourrée qui me fait réagir, merci jean luc d'avoir posté ces morceaux sépulturiens. j'ai écouté les autres, tel la clé du temps ou roger en tutu, qu'est-il devenu, j'ai de temps à autre eu aussi des messages de Jean luc (guyomarch) , Francis, de toi al bien sur , des lettres de serge des usa. depuis je suis toujours dans la musique et ai réécrit toute ma musique pour piano seul .(dont une sonate pour piano, aussi un quatuor à cordes et d'autres choses.)nous avions tous la musique en nous ,et je me souviens de ces répétitions parfois laborieuses, des images mouvantes et émouvantes de doudou, de trézien , pen ar creach et saint marc. de notre démarche sépulturienne et de l’attrait que ce groupe de musique de brest pouvait avoir sur d'autres copains( Alain laounean m'en a parle il y a 4 ou 5 ans). Bon ceci dit tout cela fut, j'ai eu , comme tout le monde un parcours dans la vie que je n'exposerai pas ici, mais je suis quand même ému de le réécoute de cette musique. bises à tout le monde jean-louis Nouvel."
Le dernier Concert le 29 novembre 1974 à Pen Ar Créach (Brest).
40'10 de Musique et puis ...
FIN
Mais ? Que sont-ils devenus ????
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